Ce qui se passe physiquement
L’air chaud retient plus de vapeur d’eau que l’air froid. Quand cet air touche une surface froide, il se refroidit d’un coup et relâche l’eau qu’il ne peut plus porter. La vitre d’une fenêtre est, presque toujours, la surface la plus froide de la pièce.
C’est pour cela que ça apparaît là en premier et pas sur un mur. La fenêtre ne fabrique pas d’eau : c’est la pièce qui contient plus d’humidité qu’elle ne peut en porter à cette température.
D’où vient toute cette humidité
De choses très ordinaires. Une douche chaude sans extracteur, cuisiner sans hotte, étendre le linge à l’intérieur, et les occupants eux-mêmes, qui respirent. Une famille de quatre produit plusieurs litres de vapeur par jour sans rien faire de particulier.
Dans un logement de la côte, fermé plusieurs mois et avec une humidité ambiante déjà élevée, la marge est encore plus étroite.
Quand c’est normal et quand ça ne l’est plus
Un peu de buée dans le coin bas de la vitre un matin froid, après une nuit fenêtres fermées, c’est normal. Cela part dès qu’on aère et ne laisse pas de trace.
Cela cesse de l’être quand l’eau ruisselle jusqu’au dormant, quand cela se produit tous les jours, ou quand de la moisissure noire est déjà installée sur le joint ou dans l’angle du mur. Là ce n’est plus une condensation passagère, c’est un problème de ventilation qui abîme quelque chose.
Quand la fenêtre est réellement en cause
Il y a un cas où la fenêtre est responsable : quand la buée est entre les deux vitres d’un double vitrage. Cela signifie que la lame d’air a perdu son étanchéité et n’isole plus. Cela ne se nettoie ni ne se sèche, on remplace le vitrage.
L’autre cas est la condensation sur un dormant métallique sans rupture de pont thermique, typique des menuiseries aluminium des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Le cadre est littéralement froid à l’intérieur parce qu’il conduit le froid du dehors.
Que faire, par ordre de coût
D’abord aérer cinq à dix minutes en grand chaque jour, même en hiver. Renouveler l’air coûte bien moins d’énergie qu’on ne le croit, parce qu’on change l’air sans refroidir les murs.
Ensuite s’attaquer aux sources : un extracteur de salle de bain qui fonctionne vraiment, une hotte en cuisine, et pas de linge étendu dedans sans ventilation. Si cela persiste malgré tout, c’est le moment de regarder la menuiserie, les ferrures et les joints, et c’est notre part du travail.




